Pourquoi s’intéresser aux réseaux sociaux locaux ?

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Les élections municipales de 2014 sont l’occasion de revenir sur les enjeux et l’évolution des réseaux sociaux locaux, ces transpositions numériques des débats au sein même des territoires. Dans ce billet, les 5 tendances illustrant une professionnalisation des usages du numérique au service des citoyens. 

Au delà de la simple présence des maires et des municipalités sur les réseaux sociaux et de leur capacité à fédérer et animer les débats, les entreprises doivent considérer les réseaux sociaux locaux dans leur ensemble et sur le long terme. Car ils illustrent la volonté et la capacité des citoyens à s’impliquer dans la vie locale et ce, même en dehors de toute actualité liée aux élections municipales.

Des réseaux sociaux locaux spécifiques à chaque territoire. Le web social local est constitué de médias en ligne, sites, réseaux sociaux et espaces de débats qui s’organisent autour de la vie locale. Le web local peut être ainsi la représentation des débats publics d’une région, d’un bassin d’emploi, d’une commune, etc. Ces débats portent aussi bien sur les politiques de l’emploi, de l’industrie, ou encore des activités culturelles et économiques qui organisent la vie locale. Chaque web local en ligne obéit ainsi aux spécificités des territoires, en fonction des enjeux sociologiques et économiques de ces activités.

La place d’Internet dans les élections. Internet prend toujours plus de place dans les campagnes politiques car les informations qui y circulent sont capables de façonner l’image d’un candidat, en créant un buzz, suscitant des memes, ou encore en mobilisant les citoyens pour ou contre telle ou telle réforme. Pour les municipales, il faudra compter à coup sûr sur le web local – les réseaux sociaux- pour mobiliser, alerter, signaler, défendre ou soutenir les projets locaux. Le web local est moins l’objet d’études et d’analyses que les buzz et autres phénomènes planétaires permis par Internet. Alors même que la vie locale régit celle du citoyen.

5 TENDANCES CLES D’UNE PROFESSIONNALISATION DU WEB SOCIAL LOCAL

1. Un canal de communication nécessaire. Les associations, fédérations, groupements, syndicats, élus – mettent à jour sites, pages Facebook ou autre comptes Twitter pour recueillir les avis des administrés, comme pour rendre compte de leur action, dans une démarche horizontale de communication et de sensibilisation de l’opinion publique. Des baromètres de présence des collectivités locales sont régulièrement publiés, comme celui de l’Institut Edgar Quinet ou celui Idéose.

2. Des investissements pour les acteurs publics locaux. Dans ce cadre, l’investissement dans les réseaux sociaux est de taille: une page non mise à jour pourrait signifier l’abandon d’une action, une question laissée sans réponse pourrait faire croire à une certaine passivité, etc. Le community management est donc de mise pour ces acteurs locaux. L’implication des maires sur les réseaux sociaux est suivi de près, notamment avec les outils comme le baromètre Augure.

3. Un porte voix pour les internautes. Les internautes ont plusieurs moyens à disposition pour rassembler et faire entendre leur voix. Un groupe Facebook, une pétition sur les sites de pétition en ligne Avaaz ou Mes opinions, un hashtag Twitter sont autant de moyens pour mettre en avant leur avis sur un projet local. Le site Mes Opinions propose une rétrospective des initiatives citoyennes en ligne, parmi lesquelles on peut lire des mobilisations intitulées « Pas de McDo à Montorgeuil« , « SOS gare d’Ambert: ne fermez pas le guichet« , « Contre la fermeture de l’accueil des soins urgents de Wattrelos« , « Non à la fermeture de classe! »

4. Des enjeux financiers concrets. Il s’agit pour les administrés de faire entendre leur opposition à un projet qui modifierait leur quotidien et qui est perçu comme nuisant à leur qualité de vie. Citons par exemple le déploiement d’infrastructures (lignes à hautes tensions, antennes relais, lignes de TGV), les fermetures de services publics (fermeture d’une classe d’école, d’un hôpital), le non renouvellement d’un bail de commerçant structurant la vie sociale (café-tabac, poste). Ainsi, si la mobilisation se déroule en ligne, les enjeux financiers des projets d’infrastructure sont bien réels

5. Un pouvoir de mise à l’agenda. Les mobilisations en ligne sur le web social local sont donc en mesure de proposer des actions concrètes, de générer des débats en ligne comme hors-ligne pour défendre une cause de la vie locale. C’est un nouveau moyen de s’intéresser à la vie locale et de pouvoir échanger. Reste à parier que pour les acteurs locaux comme pour les citoyens, ces nouveaux canaux de communication gagnent en crédibilité et en attention, dans le but de servir toujours plus la vie des citoyens.

La professionnalisation des usages est donc en marche, et présage une forte capacité pour les réseaux sociaux locaux, à organiser les débats publics et mobiliser l’opinion. 

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