Des pétitions en ligne : retour sur le TankTalk avec Change France

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change.orgLa semaine dernière dans la cadre des TankTalks, avait lieu une rencontre avec Benjamin Desgachon et Sarah Durieux, de Change France, au cours de laquelle nous avons pu échangé sur les enjeux des sites de pétition en ligne au sein des débats publics.

Les pétitions en ligne occupent une place particulière dans le paysage des débats en ligne car elles ont la capacité de fédérer les internautes, de cristalliser les opinions sur un temps long et surtout elles portent un objectif précis, un but à atteindre, une cause à défendre.

Je pourrais parler longtemps des pétitions en ligne, c’est un sujet qui m’intéresse particulièrement (lire mon article sur les réseaux sociaux locaux) car il illustre la capacité qu’a Internet, de fédérer et augmenter le pouvoir des citoyens aujourd’hui. Par ailleurs, je suis assidûment ou rencontre tous les jours ou presque, de nouvelles pétitions crées et / ou relayées par les parties prenantes de mes clients. Certaines fonctionnent, d’autre non, et c’est toujours un défi d’essayer de connaitre au plus tôt la stratégie de l’organisateur, comme de parier sur l’objectif de mobilisation, et sa réussite. 

Lors du TankTalk, nous avons évidemment évoqué des exemples de pétitions comme celle créée par Envol Vert pour qu’Eram fournisse des garanties environnementales sur l’origine de son cuir, ou celle lancée par Charles de Courson pour plus de transparence concernant les indemnités parlementaires. Mais si les pétitions nationales sont les plus médiatiques, de nombreuses autres, aux portées locales, portent également leurs fruits (non à la subvention d’un concert de David Guetta à Marseille). 

Il y a eu un échange très riche entre les deux speakers et l’auditoire, si bien que les slides de présentation ont été rapidement abandonnées. De nombreux chiffres ont été évoqués, des succès, des flops, des tendances et des key learnings. Aujourd’hui, je retiens trois enseignements de cette conférence, qui illustrent l’avenir du modèle de la pétition en ligne. 

Trois enseignements 

Un espace de débat public à part entière: les possibilités d’échanges d’idées et de diffusion d’information permises par les plateformes professionnalisent la démarche (voir mon billet sur la professionnalisation des débats publics). Change propose par ailleurs des modules d’inspiration pour des campagnes réussies.

Un nombre de signature significatif ? La signature n’a pas vocation à augmenter le militant qui est en nous. C’est le nombre de signatures qui prime, et non la capacité à mobiliser une population. A ce propos j’avais pu remarquer régulièrement, mais davantage via les groupes de mobilisation Facebook, que moins de 10 % des adhérents à un groupe, se mobilisaient physiquement pour défendre offline la cause pour laquelle il s’est mobilisé en ligne. 

Une démarche de Co-construction nécessaire. Les pétitions n’ont pas vocation à affronter ou accuser frontalement entreprises ou collectivités, mais à insuffler une réflexion commune aux parties. Procédant d’une démarche horizontale, la pétition ne sert qu’à illustrer la notoriété de la cause auprès d’un public. En cela, je trouve que la démarche reflète bien l’esprit du web, de co-construire plutôt que de cliver. La pétition critique et sans proposition d’alternative semble vouée à l’échec. 

Deux autres remarques qui prêtent à réflexion, plus fun – et que je commenterai peut-être plus tard :). Première remarque, les causes animales sont les thématiques qui font l’objet de plus de pétition en ligne. Deuxième remarque, globalement, les hommes sont plus nombreux à lancer les pétitions, et les femmes plus nombreuses à les signer. A méditer….

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