L’info pro. Data. Nouvelle donne.

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Je publie ici un billet que j’avais écrit il y a quelques mois suite à la participation au Salon Solutions en octobre 2014, mais qui me parait toujours d’actualité.

Embed from Getty ImagesNouvelle donne ces derniers temps dans le domaine de l’information professionnelle : la gestion des données ouvertes. Les données ouvertes, c’est ce formidable vivier d’information gratuite et en libre accès et qui, mine de rien, peut participer à l’élaboration de connaissances stratégiques.

L’utilisation des données ouvertes par les entreprises existe depuis plusieurs années, mais ces derniers temps, une nouvelle tendance a vu le jour – avec la mouvance des big data, open data, smart data, etc. La data, c’est le nouvel Or pour les entreprises.

J’avais pu, lors de ce salon, remarquer de nouveaux acteurs sur le marché, qui proposent leur service d’analyse et de capitalisation des informations. Simple mode autour de la data?

D’un coté, on pourrait penser que ces entreprises qui bâtissent leur business modèle autour de la valorisation des informations libres, ne sont que le renouvellement des agences de veille et d’intelligence économique qui fleurissaient il y a quelques années. La démocratisation de l’accès à l’information sonnait, quelque part, la fin d’un modèle d’entreprise basé sur la difficulté de l’accès à l’info.

D’un autre côté, les entreprises semblent être de plus en plus attentives à la valeur ajoutée que peuvent leur fournir l’analyse de ces informations. Car la facilité de l’accès à l’information a complexifié l’identification de l’info utile.

Quoiqu’il en soit, un nouveau marché, autour de l’exploitation des données ouvertes se dessine, l’enjeu de l’accès à l’information a évolué, le marché de l’information professionnelle se renouvelle…. et c’est tant mieux 🙂 !

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Sur l’ (e) influence

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La semaine dernière a eu lieu l’influence Day, rendez-vous annuel organisé par Veille Mag sur l’influence.
La journée était composée de plusieurs conférences et tables rondes sur l’influence, abordant les sujets de l’opinion, l’identité, la veille, les territoires, les relations publiques et institutionnelles. Les intervenants étaient de qualité et les débats très enrichissants. Je n’ai pas pu aller à toutes les tables rondes mais j’ai sélectionné celles qui avaient le plus de rapport avec la veille et l’information  numérique globalement.

Deux réflexions sur le sujet.

La fin du débat sur la mesure de l’e-influence ? 

La veille et l’influence en ligne ont toujours été intimement liées, la veille permettant de détecter les influenceurs en ligne, grâce à des données quantitatives et l’usage voulait qu’on oubliait trop souvent les éléments qualitatifs. Mais le débat qui faisait rage il y a quelques années sur les paramètres de détection et de qualification des influenceurs, n’est plus. L’idée qu’un influenceur n’est influent qu’au sein de sa propre communauté a fait son chemin, en tous cas en ligne.

La conférence d’Augure à ce sujet l’a bien démontré, un influenceur se repère à partir de ses centres d’intérêts. La base Augure permet également d’identifier des sujets annexes afin de détecter d’autres influenceurs pertinents sur un sujet. L’ouverture basée sur des éléments qualitatifs est pertinente. Même si les outils permettent de valider par des éléments quantitatifs l’influence d’une personne, l’ensemble des intervenants sur le sujet ont tous pondérés leurs propos par des analyses qualitatives.

Comprendre et nuancer les éléments quantitatifs sont les clés d’une bonne stratégie de détection des influenceurs ! Trouver la bonne personne, avec le bon canal de communication pour lui délivrer le bon message au bon moment – et ce, sans se soucier de métrics, constitue le principal éléments de succès de relations publiques en ligne.

En ligne / hors ligne : relations institutionnelles déconnectées ? 

Je suis également allée à des conférences sur l’influence au sens strict du terme – telle que nous la connaissons dans les domaines des relations publiques et institutionnelles. Mais peu – voire même aucune, mais je ne suis pas allée à toutes – ont évoqué le pendant numérique de la question. Quid des questions sur le numérique et l’influence de la France, la normalisation, les relations institutionnelles ?. Si le numérique peut avoir un impact sur les décisions politiques locales – des citoyens peuvent par exemple interpeller leurs élus via des pétitions, ou les associations via des prises de position en ligne – elles semblent être anecdotiques pour les professionnels du secteur (voir également mon billet sur les réseaux sociaux locaux). Mais il est fort à parier que les interpellations numériques vont se développer, les affaires publiques devront de plus en plus considérer les opinions et relations numériques.

Enfin, ce fut également l’occasion pour moi de live-tweeter la journée et de me trouver dans le top 10 des influenceurs du jour par Augure ! Une mise en abîme sympathique. 

Les Influenceurs d’Influence Day 2014 – source : Augure

Retour sur le salon Big Data Paris : BI 2.0 ?

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salon_big_dat_logo Cette semaine a eu lieu la 3ème édition du salon Big data Paris, consacré aux rencontres professionnelles entre acteurs majeurs de solutions Big Data. J’y suis allée avec pour objectif de déterminer quelle était la place occupée par les réseaux sociaux dans le développement de solutions logicielles de big data et de Business Intelligence, en pleine explosion. De mon parcours et visites de stands, je déduis trois positionnement sur le marché:

1. Les solutions logicielles intégrant pleinement leur offre sur l’analyse des données issues du web social sont mineures dans le paysage des acteurs représentés sur le salon, mais elles sont bien présentes . Spécialistes de leur secteur, les acteurs ont su développer un réel savoir faire en la matière et adapter les technologies à ces données si volatiles. Recherche de données en temps réel, outils de cartographie, sémantique, multilinguisme et crosslinguisme sont les principales clés innovantes pour le secteur. Focusmatic et Proxem sont les deux entreprises positionnées sur ce marché et qui étaient présentes. Elles illustrent la nouvelle génération des outils de veille sur le web social qui, grâce à leurs technologies, excellent dans le traitement des informations (suppression du bruit, rapprochement des termes, temps réel, etc.).

2. De nombreux acteurs ont intégré partiellement les données issues du web social, via des connecteurs. Si la récupération et l’analyse de ces données ne sont pas le cœur de leurs métiers, ils introduisent les éléments issus de Facebook et Youtube, le plus souvent sous l’impulsion de leurs clients. C’est donc une première évolution des technologies d’analyse de données internes intégrant des données externes. Une prise de conscience que les réseaux sociaux deviennent informations stratégiques. Et nécessitent d’être incorporées dans les analyses BI. Par exemple, Access Insight, Bime et Sinequa.

3. Enfin, les solutions logicielles qui n’intègrent pas les réseaux sociaux, souvent par choix stratégique. . Considérant que leur technologie est puissante sur les données d’un certain type, ces acteurs pour la plupart préfèrent se concentrer sur leur cœur de métier, ce que je trouve plutôt pertinent. Pour eux, l’intégration des réseaux sociaux n’est pas la priorité du moment et ils se concentrent davantage sur le positionnement sur le marché, le recrutement de talent, le développement de leur offre logicielle originale. Il sera intéressant de voir dans les prochaines années l’évolution de cette catégorie de solutions. Les entreprises utilisatrices devront-elles coupler deux solutions logicielles indépendantes ? ou créer des connecteurs entre eux ? L’explosion des réseaux sociaux sera-t-elle intégrée à la BI ou évoluera-t-elle de son côté, en parallèle ? je crois qu’à long terme, les données devront être assemblées pour donner du sens à l’analyse. Le web social d’un coté et les données internes de l’autre, n’ont pas vocation selon moi, à rester en silo, mais bien à s’auto-enrichir.

Quelques autres remarques sur le salon:
– Un exposant me confiait que cette année, le salon était bien plus structuré. Les acteurs s’exposaient avec un positionnement clair (alors que les autres années, c’était bien plus anarchique selon lui). Une signe de relative maturation du secteur.
– Les data scientists sont vraiment la perle rare du moment (rien de nouveau, mais de nombreux témoignages sur place)
– L’atelier proposé par Teradata était très enrichissant. Même si je ne parle pas l’informaticien, j’ai trouvé leur présentation assez claire, les speakers étaient dynamiques et passionnés.

Smart grids et intelligence territoriale

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smart_grids2 Innovation et optimisation des services : c’est la promesse des smart grids – réseaux intelligents de distribution d’électricité, avec informatique embarquée. C’est une révolution pour les distributeurs d’énergie, qui ont la capacité de déterminer, de façon très précise, la distribution et la consommation sur l’ensemble du territoire. Cette intelligence localisée permet d’adapter les flux et d’optimiser la distribution de l’énergie.

Cette démarche relève d’un double challenge : optimiser les coûts de distribution, et récolter les informations utiles. Ces deux éléments s’auto-enrichissent et permettent une adaptation maximale des réseaux.

Les smart grids illustrent les enjeux de l’intelligence économique territoriale : prendre en compte l’ensemble des informations liées à un territoire pour adapter sa stratégie et ses investissements financiers. L’intelligence territoriale relève d’une adaptation maximale des produits et services déployés sur les territoires, en fonction de leurs propriétés techniques, technologiques, culturelles, géographiques ou encore démographiques. Si les usages diffèrent d’un territoire à l’autre, les entreprises doivent adapter leurs produits et services, dans le souci d’une meilleure prise en compte des besoins des consommateurs. L’intelligence territoriale, illustrée par les technologies de smartgrids permet une dynamique « gagnant-gagnant » : gagnant pour l’entreprise qui optimise alors ses coûts, et gagnant pour les consommateurs qui voient leurs offres de services se diversifier et s’adapter au mieux à leurs habitudes. 

Les smarts grids permettent l’adéquation de trois éléments d’informations stratégique : intelligence économique (prise en compte de l’ensemble de l’environnement d’un produit), territoriale (prise en compte des spécificités des territoires), et numérique (rendue possible grâce aux technologies numérique). 

Crédit Photo : Vetta

De la fabrique de l’IE

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La fabrique de l’intelligence économique est un rendez-vous régulier, initié par l’Ecole de Management de Normandie et Grenoble Ecole de Management. C’est un rendez-vous dédié aux acteurs de l’IE au sens large, ouvert à tous, et dont l’objectif est de créer des connexions en faveur de la pratique de l’intelligence économique en France. 

Claude Revel, déléguée interministérielle à l’Intelligence économique, a inauguré en décembre le premier petit-déjeuner débat. On a abordé les thèmes du droit des affaires, de la mobilité des chercheurs, de l’organisation de l’IE au sein même de l’administration, de la coordination des régions, des normes, de l’accord de libre-échange avec les US, de la formation, des enjeux d’un cloud européen … autant de sujets passionnants qui illustrent la diversité des chantiers liés à l’IE. 

Eric Delbeque de l’INHESJ est intervenu pour la deuxième rencontre, la semaine dernière. Son discours, lié à son expérience, était davantage porté sur les relations commerciales internationales et l’influence, indispensable pour les entreprises. La formation des chefs d’entreprises, comme des étudiants est un sujet qui a également été soulevé, au même titre que le traditionnel duo Airbus/Boeing, les « barbouzeries », les enjeux liés à l’information stratégique, la politique industrielle européenne. Autant de sujets, complémentaires de la première rencontre, qui lient communication d’influence et stratégie d’entreprise. 

En février et en mars, deux rencontres s’annoncent également passionnantes, avec Alain Juillet (CDSE) et Philippe Clerc (CCI France).

Ces petits-déjeuners débats sont une très bonne initiative, d’une part pour la qualité des intervenants et d’autre part parce qu’il manquait selon moi un rendez-vous un peu informel dans le paysage de la profession, les acteurs se réunissant souvent en colloques, congrès ou salons. Un petit-déjeuner permet un rendez-vous rapide, régulier et accessible.

Lors de ces rencontres j’ai noté avec plaisir la volonté de tous les participants de rendre l’IE accessible à tous, étudiants, patrons de PME, d’entreprises du CAC40, agents de l’administration. Un travail collectif, des expériences concrètes et de terrain, au service de l’Economie.

la communication et l’IE

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L’ouvrage de Thierry Libaert et Nicolas Moinet intitulé « la communication, clé de voûte de l’intelligence économique » a reçu le prix IEC 2013. L’ouvrage veut mettre au centre des préoccupation des acteurs de l’IE dans une entreprise, la communication, qui permet de passer du « savoir pour agir » au « connaître est agir ».

Morceaux choisis, et appréciés.

Sur l’information et le pouvoir

 » l’information n’est plus synonyme de pouvoir mais de confusion, (…) en raison de la trop faible porosité qui continue d’exister entre les réflexions et pratiques sur la connaissance et celles sur la communication. Rares sont ainsi les « passeurs » en mesure de relier les deux univers, ces chercheurs, consultants ou praticiens capables de faire dialoguer théorie et pratique, de transmettre le savoir et de faire réfléchir les savoir-faire »

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Sur l’information et la communication

« Gabriel Gallezot, Eric Boutin et Philippe Dumas (2006) poursuivent l’entreprise de réconciliation : « Les premiers travaux que nous avons menés ont montré que les sciences de l’information et de la communication en France ne sont pas réductibles à la juxtaposition de deux sous-disciplines étanches qui seraient d’une part les sciences de l’information et de l’autre les sciences de la communication. Il y a certes des travaux de recherche qui se réclament complètement des sciences de l’information ou des sciences de la communication, mais il y a aussi des travaux qui relèvent de ces deux approches. C’est dans ce creuset que se trouve toute l’originalité de l’approche française des SIC puisqu’il faut le rappeler, à l’international ces champs sont bien distingués du moins dans leurs appellations. »

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Sur la comm et l’IE

 l’intelligence économique concerne tant le volet des disciplines à l’exemple de la communication d’influence ou financière, que celui des outils, que ceux-ci soient relatifs à la communication événementielle, aux relations presse ou la communication digitale »

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Sur l’information d’entreprise

« Quels que soient les regards portés sur l’information : son management, son utilisation, son partage, ses dispositifs, son caractère stratégique… et le contexte organisationnel : la médiation, le débat, la décision, la mémoire…, le système informationnel devient le pivot des organisations ». 

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A lire : Thierry Libaert et Nicolas Moinet « La communication, clé de voûte de l’intelligence économique », Communication & Organisation 2/2012 (n° 42), p. 5-10. . Egalement sur le blog de Nicolas Moinet, le portail de l’IE