Retour sur l’#influenceDay

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Comme dit dans mon précédent billet, l’InfluenceDay organisé par Veille Mag était riche en rencontres passionnantes et en échanges enrichissants. Si mon précédent billet était orienté influence, il me semble opportun de mentionner les interventions de qualité concernant la veille et l’opinion en ligne. 3 interventions ont retenu mon attention, notamment par le fait qu’elles illustrent l’importance de la veille au sein d’une stratégie d’influence et de communication.

emmanuelbloch_commdecriseTout d’abord, l’intervention d’Emmanuel Bloch, directeur de l’information stratégique chez Thales, sur les attaques réputationnelles. Auteur du livre Communication de crise et médias sociaux, il a livré une méthode pour définir les éléments de l’anticipation et la gestion des crises. Qui est attaqué ? par qui ? Quels sont les objectifs de l’attaque ? Quels sont les risques ? Autant d’éléments de réflexion avant de se lancer dans la réaction à la crise et la communication. J’ai particulièrement apprécié son discours sur les « leaks » d’une entreprise, à savoir les prises de paroles de salariés en ligne. Ces salariés qui, inconsciemment la plupart du temps, en s’exprimant sur les réseaux sociaux, peuvent révéler des éléments de la stratégie de l’entreprise et ainsi livrer des éléments forts aux concurrents, dévoiler des usages au sein même de l’entreprise, ou encore révéler des informations confidentielles. L’influence de la source de la crise, ou sa capacité à alerter sur un sujet, sont des éléments déterminants pour une propagation sur les réseaux sociaux. Une conclusion de choix pour E. Bloch : l’important, sur les réseaux sociaux, c’est de veiller et d’analyser. 

 

Ensuitesystran, l’atelier par Systran sur la veille multilingue. Le multilinguisme est un des enjeux fort pour les outils de veille aujourd’hui. Mondialisation oblige, les problématiques sont internationales, l’influence comme l’opinion sont des enjeux qui doivent être gérés par l’entreprise comme des données à s’approprier. Si l’anglais est une langue indispensable de nos jours, ces sont bien le chinois et l’indien qui deviendront demain les langues à maîtriser. Grace à la traduction automatique et aux progrès de la technologie, la compréhension d’un environnement global devient plus facile. Même si des doutes persistent quant à la capacité de traduction des outils en autonomie, ils sont une aide précieuse pour les veilleurs et traducteurs, ainsi que pour les salariés d’une entreprise qui dorénavant peuvent recevoir des newsletters multilingues. La traduction vocale en temps réel est même quasiment à notre portée ! Mon avis : une belle techno.

 

digimind_maires_de_france1Enfin, le baromètre mené par Digimind sur les maires influents en France a été présenté par Christophe Asselin. Lors de la présentation, j’ai surtout apprécié l’analyse qui a accompagné les résultats. En effet, au delà des données quantitatives liées aux comptes Twitter, aux pages Facebook ou encore au nombre de billets de blogs, l’étude porte un regard qualitatif sur l’activité des maires (cf. mon billet sur l’influence) Ainsi, des analyses qualitatives et sémantiques ont été ajoutées aux analyses quantitatives pour en déduire des « profils types », comme l' »adepte convaincue pour Anne Hidalgo », « le sage » pour Alain Juppé ou encore « le polémiste » pour Estrosi. L’idée de « profil type » est assez séduisante car il est clair que les comportements en ligne sont clés de la façon dont se construit l’influence. Autrement dit, les influences ne sont pas les mêmes, selon le positionnement éditorial (les sujets de discussion), leur capacité à intéresser les internautes (sujets municipaux VS nationaux), ou celle à susciter des débats.

Sur l’ (e) influence

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La semaine dernière a eu lieu l’influence Day, rendez-vous annuel organisé par Veille Mag sur l’influence.
La journée était composée de plusieurs conférences et tables rondes sur l’influence, abordant les sujets de l’opinion, l’identité, la veille, les territoires, les relations publiques et institutionnelles. Les intervenants étaient de qualité et les débats très enrichissants. Je n’ai pas pu aller à toutes les tables rondes mais j’ai sélectionné celles qui avaient le plus de rapport avec la veille et l’information  numérique globalement.

Deux réflexions sur le sujet.

La fin du débat sur la mesure de l’e-influence ? 

La veille et l’influence en ligne ont toujours été intimement liées, la veille permettant de détecter les influenceurs en ligne, grâce à des données quantitatives et l’usage voulait qu’on oubliait trop souvent les éléments qualitatifs. Mais le débat qui faisait rage il y a quelques années sur les paramètres de détection et de qualification des influenceurs, n’est plus. L’idée qu’un influenceur n’est influent qu’au sein de sa propre communauté a fait son chemin, en tous cas en ligne.

La conférence d’Augure à ce sujet l’a bien démontré, un influenceur se repère à partir de ses centres d’intérêts. La base Augure permet également d’identifier des sujets annexes afin de détecter d’autres influenceurs pertinents sur un sujet. L’ouverture basée sur des éléments qualitatifs est pertinente. Même si les outils permettent de valider par des éléments quantitatifs l’influence d’une personne, l’ensemble des intervenants sur le sujet ont tous pondérés leurs propos par des analyses qualitatives.

Comprendre et nuancer les éléments quantitatifs sont les clés d’une bonne stratégie de détection des influenceurs ! Trouver la bonne personne, avec le bon canal de communication pour lui délivrer le bon message au bon moment – et ce, sans se soucier de métrics, constitue le principal éléments de succès de relations publiques en ligne.

En ligne / hors ligne : relations institutionnelles déconnectées ? 

Je suis également allée à des conférences sur l’influence au sens strict du terme – telle que nous la connaissons dans les domaines des relations publiques et institutionnelles. Mais peu – voire même aucune, mais je ne suis pas allée à toutes – ont évoqué le pendant numérique de la question. Quid des questions sur le numérique et l’influence de la France, la normalisation, les relations institutionnelles ?. Si le numérique peut avoir un impact sur les décisions politiques locales – des citoyens peuvent par exemple interpeller leurs élus via des pétitions, ou les associations via des prises de position en ligne – elles semblent être anecdotiques pour les professionnels du secteur (voir également mon billet sur les réseaux sociaux locaux). Mais il est fort à parier que les interpellations numériques vont se développer, les affaires publiques devront de plus en plus considérer les opinions et relations numériques.

Enfin, ce fut également l’occasion pour moi de live-tweeter la journée et de me trouver dans le top 10 des influenceurs du jour par Augure ! Une mise en abîme sympathique. 

Les Influenceurs d’Influence Day 2014 – source : Augure

Sur la polarisation du débat public

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Le Pew Research Institue  a récemment publié une étude étonnante, sur le rôle des réseaux sociaux dans la montée de la polarisation du débat public en ligne. Le sondage qui sert de base à l’étude,  montre que les internautes sont moins enclins à partager leurs opinions sur les réseaux sociaux qu’hors ligne.

Je trouve que cette étude présente des conclusions très intéressantes (lire le billet d’Internet Actu), et je rajouterais que la montée de la polarisation en ligne s’explique également par l’évolution des réseaux sociaux.

Chute de la qualité des espaces de débats en ligne

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Les réseaux sociaux présentent un espace de débat public indéniable, au sein desquels les idées s’échangent, se confrontent, se partagent. Mais depuis 2005, les pratiques ont bien changées. Les sites participatifs, les blogs, Twitter et Facebook ont changé la donne. De même ; l’accès au plus grand nombre à ces réseaux sociaux a accéléré le sentiment d’un débat de plus en plus « plat » et infertile. En effet, sur les réseaux Twitter et Facebook, l’intensité ou l’influence d’une prise de parole se traduit essentiellement par le nombre de RT ou de likes. Des données quantitatives donc, qui ont un impact mineur dans l’enrichissement argumentaire des débats. En fait, les réseaux sociaux ne sont plus adaptés à la pratique du débat populaire, c’est-à-dire accessible au plus grand nombre, tel que nous le connaissions en 2005-2010.

Quels espaces de débat à disposition des internautes ?

débat public

Selon moi, il n’existe plus d’espaces de débat public adapté pour le plus grand nombre. La professionnalisation des usages du web en ligne a laissé de côté ceux qui avaient une voix intéressante mais qui n’ont pas trouvé de lieu adapté pour les exprimer : un blog nécessite une implication forte, Twitter ne permet pas de débattre au-delà de 140 signes, Facebook contient nos idées au sein de notre propre cercle, Agoravox ou les sites participatifs n’ont plus l’audience qu’ils avaient, les commentaires d’articles n’ont absolument aucune influence ni aucune visibilité.

Aujourd’hui les débats pourraient être grossièrement catégorisés en 2 parties : d’un côté les professionnels et experts d’un domaine, formant une communauté et débattant de temps en temps fortement sur un sujet qui les anime sur des espaces « professionnalisés » (faisant partie d’une stratégie globale d’influence); de l’autre, des internautes inaudibles qui débattent sans cesse, mais avec une variété d’arguments et des expertises trop douteuses pour être prises pour argent comptant.

En fait, les prises de position sont plus partagées et plus audibles aujourd’hui mais l’échange des arguments est fortement affaibli.

A lire également: article de l’AtelierLa revue du Digitalle billet de Big BrowserMedias sociaux, et de la revue du digital.

Source Image1 et 2

Pourquoi s’intéresser aux réseaux sociaux locaux ?

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Les élections municipales de 2014 sont l’occasion de revenir sur les enjeux et l’évolution des réseaux sociaux locaux, ces transpositions numériques des débats au sein même des territoires. Dans ce billet, les 5 tendances illustrant une professionnalisation des usages du numérique au service des citoyens. 

Au delà de la simple présence des maires et des municipalités sur les réseaux sociaux et de leur capacité à fédérer et animer les débats, les entreprises doivent considérer les réseaux sociaux locaux dans leur ensemble et sur le long terme. Car ils illustrent la volonté et la capacité des citoyens à s’impliquer dans la vie locale et ce, même en dehors de toute actualité liée aux élections municipales.

Des réseaux sociaux locaux spécifiques à chaque territoire. Le web social local est constitué de médias en ligne, sites, réseaux sociaux et espaces de débats qui s’organisent autour de la vie locale. Le web local peut être ainsi la représentation des débats publics d’une région, d’un bassin d’emploi, d’une commune, etc. Ces débats portent aussi bien sur les politiques de l’emploi, de l’industrie, ou encore des activités culturelles et économiques qui organisent la vie locale. Chaque web local en ligne obéit ainsi aux spécificités des territoires, en fonction des enjeux sociologiques et économiques de ces activités.

La place d’Internet dans les élections. Internet prend toujours plus de place dans les campagnes politiques car les informations qui y circulent sont capables de façonner l’image d’un candidat, en créant un buzz, suscitant des memes, ou encore en mobilisant les citoyens pour ou contre telle ou telle réforme. Pour les municipales, il faudra compter à coup sûr sur le web local – les réseaux sociaux- pour mobiliser, alerter, signaler, défendre ou soutenir les projets locaux. Le web local est moins l’objet d’études et d’analyses que les buzz et autres phénomènes planétaires permis par Internet. Alors même que la vie locale régit celle du citoyen.

5 TENDANCES CLES D’UNE PROFESSIONNALISATION DU WEB SOCIAL LOCAL

1. Un canal de communication nécessaire. Les associations, fédérations, groupements, syndicats, élus – mettent à jour sites, pages Facebook ou autre comptes Twitter pour recueillir les avis des administrés, comme pour rendre compte de leur action, dans une démarche horizontale de communication et de sensibilisation de l’opinion publique. Des baromètres de présence des collectivités locales sont régulièrement publiés, comme celui de l’Institut Edgar Quinet ou celui Idéose.

2. Des investissements pour les acteurs publics locaux. Dans ce cadre, l’investissement dans les réseaux sociaux est de taille: une page non mise à jour pourrait signifier l’abandon d’une action, une question laissée sans réponse pourrait faire croire à une certaine passivité, etc. Le community management est donc de mise pour ces acteurs locaux. L’implication des maires sur les réseaux sociaux est suivi de près, notamment avec les outils comme le baromètre Augure.

3. Un porte voix pour les internautes. Les internautes ont plusieurs moyens à disposition pour rassembler et faire entendre leur voix. Un groupe Facebook, une pétition sur les sites de pétition en ligne Avaaz ou Mes opinions, un hashtag Twitter sont autant de moyens pour mettre en avant leur avis sur un projet local. Le site Mes Opinions propose une rétrospective des initiatives citoyennes en ligne, parmi lesquelles on peut lire des mobilisations intitulées « Pas de McDo à Montorgeuil« , « SOS gare d’Ambert: ne fermez pas le guichet« , « Contre la fermeture de l’accueil des soins urgents de Wattrelos« , « Non à la fermeture de classe! »

4. Des enjeux financiers concrets. Il s’agit pour les administrés de faire entendre leur opposition à un projet qui modifierait leur quotidien et qui est perçu comme nuisant à leur qualité de vie. Citons par exemple le déploiement d’infrastructures (lignes à hautes tensions, antennes relais, lignes de TGV), les fermetures de services publics (fermeture d’une classe d’école, d’un hôpital), le non renouvellement d’un bail de commerçant structurant la vie sociale (café-tabac, poste). Ainsi, si la mobilisation se déroule en ligne, les enjeux financiers des projets d’infrastructure sont bien réels

5. Un pouvoir de mise à l’agenda. Les mobilisations en ligne sur le web social local sont donc en mesure de proposer des actions concrètes, de générer des débats en ligne comme hors-ligne pour défendre une cause de la vie locale. C’est un nouveau moyen de s’intéresser à la vie locale et de pouvoir échanger. Reste à parier que pour les acteurs locaux comme pour les citoyens, ces nouveaux canaux de communication gagnent en crédibilité et en attention, dans le but de servir toujours plus la vie des citoyens.

La professionnalisation des usages est donc en marche, et présage une forte capacité pour les réseaux sociaux locaux, à organiser les débats publics et mobiliser l’opinion.